Je vais aujourd’hui vous donner une autre bonne idée pour ruiner votre carte de score. C’est très simple : pour cela, il suffit d’être un excellent élève.

Cela vous paraît incompréhensible ? Explication à l’aide d’une anecdote :

Lorsque j’ai démarré le golf il y a plus de 20 ans, j’ai eu la chance de le faire dans un groupe très sympa en effectuant un stage carte verte. Il faut dire qu’à cette époque au Golf de Seyssins pour avoir le droit d’aller sur le parcours, la carte verte était un passage obligatoire. J’ai pu constater hélas ces dernières années dans beaucoup de golfs que la carte bleue est extrêmement efficace pour pouvoir aller directement sur un parcours sans avoir jamais touché un club.

Bref, j’ai démarré dans un groupe d’une dizaine de personnes dans lequel je me suis fait de bons amis, et nous avons appris tranquillement à jouer au golf à raison de deux heures tous les samedis pendant un trimestre.

Après des séances exclusivement au practice notre pro Stéphane Métais, que je ne remercierai jamais assez de m’avoir autant fait apprécier le golf, a commencé à nous emmener sur le parcours, pas pour le jouer en intégralité, mais pour nous mettre dans des situations particulières sur un trou.

Je me souviens que lors d’une de ces premières fois sur le parcours, après nous avoir fait travailler au practice des approches entre 50 et 70 m du trou avec les clubs adéquats pour notre niveau, il nous a emmené sur le trou numéro 1, un par trois en nette montée.

Il a positionné tout le groupe une trentaine de mètres en dessous du green et il nous a demandé comment on allait jouer.

Chacun a donné son avis sur le club à utiliser et le type de coup à exécuter. Il se trouve que nous étions tous alignés et que j’étais le dernier de la ligne à l’opposé de Stéphane.

J’ai donc parlé en dernier et comme toujours pour faire le cancre au lieu de donner une réponse sur un type de coup j’ai posé une question :
« Eh bien ça dépend ! De là où on est, on ne voit pas le green. Comment est-il ce green ? Qu’y a-t-il derrière ? »

Cette réponse m’a valu les félicitations de Stéphane qui ne s’est pas privé pour traiter de tous les noms d’oiseaux possibles les autres membres du groupe.

Quand je dis de tous les noms d’oiseaux, ce n’est pas une figure de style. Stéphane était à mon avis un super pro mais certains ne l’appréciaient pas beaucoup parce qu’il n’avait pas sa langue dans sa poche et qu’il avait tendance à prendre quelques libertés verbales avec ses élèves.

Il n’était pas rare qu’il parle des femmes du groupe en disant « les greluches ».

Et il avait baptisé l’ensemble de notre petit groupe « les guenilles ». Plusieurs années après quand il croisait une partie composée des membres de ce groupe, il nous appelait encore comme ça.

Je disais en introduction de cette brève que pour bien ruiner sa carte il suffit d’être un bon élève. En l’occurrence les bons élèves avaient essayé de répondre par rapport à ce qu’ils venaient juste d’apprendre : un certain type de coups.

En parlant d’approche de green, on lit et voit souvent des vidéos qui expliquent qu’on a intérêt à ne pas jouer court du drapeau, mais à plutôt jouer le fond du green.

Plusieurs pros expliquent ça avec une argumentation qui tient la route :

Si on utilise par exemple un télémètre, et que l’on constate que le drapeau se trouve à 80 mètres de nous, en choisissant un sand wedge avec lequel en plein coup parfaitement exécuté on réalise 80 mètres on prend un gros risque d’être très court ; il suffit que le coup soit un peu moins bon et on ne fera pas la distance et peut-être n’atteindrons-nous pas le green ?

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Donc l’idée de prendre un club de plus pour viser plutôt le fond du green est le plus souvent un bon principe.

Les bons élèves qui ont bien étudié la vidéo choisiront systématiquement cette solution. C’est le « systématiquement » qui pose problème.

Et oui : ça dépend !

Par exemple, au Royal golf de Hua Hin (Thaïlande ) mon parcours habituel, il y a sur le parcours 2 greens surélevés sur des par 4, dont le fond est entièrement longé par des bunkers assez compliqués avec une qualité de sable pas excellente.

Et devant ?

Devant rien.

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Dans ces cas-là, jouer le fond du green est extrêmement dangereux à moins d’être un pro du bunker, alors qu’une balle un peu courte s’arrêtera sur une pente assez douce, en dessous du drapeau un endroit d’où l’on pourra exécuter un chip voire un coup de putter et si cette approche est bonne on conclura par un seul putt.

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Tout ça pour dire (c’est du vécu) que parfois en voulant suivre trop à la lettre des conseils de pros extrêmement judicieux, on peut en oublier d’examiner attentivement la situation particulière de l’endroit où on se trouve sur le parcours et ça peut coûter pas mal de points.

C’est l’ancien instit qui vous offre cette conclusion : À l’école en général ceux qui ont les meilleures notes ont appris par cœur « la bonne réponse », celle communiquée par le prof. Mais ceux qui s’en sortent le mieux dans la vie sont souvent ceux qui parfois ont décroché du par cœur, pris le temps de regarder par la fenêtre. Ceux-là ont parfois oublié la formule idéale qui permet de résoudre un problème de mathématiques mais parviennent au résultat juste par un cheminement un peu tordu qui laisse le prof pantois et admiratif.

Au golf comme partout, soyez curieux et imaginatifs. Votre carte de score vous remerciera.