Brève de practice : Le grand blond avec une chaussure…
Article mis en ligne le 24 février 2026
dernière modification le 23 février 2026

par Pierre

Ce matin comme souvent j’ai dû attendre mon tour au practice. On prend une carte auprès du préposé, on va chercher son ou ses plateaux de balles et on attend sagement.
Comme je l’ai expliqué dans un autre post, il y a au practice du Royal Golf de Hua Hin 2 rangées de bancs : des bancs individuels juste derrière chaque tapis de practice et en retrait d’autres bancs pour attendre ou regarder.
Lorsque le responsable des tapis a appelé mon numéro il m’a indiqué un tapis qui venait de se libérer.
Mais sur le banc juste derrière ce tapis, un monsieur bien installé, son numéro d’attente dans une main, son téléphone dans l’autre.
Les yeux rivés sur son précieux écran il n’a même pas remarqué que je posais mes balles sur le tapis.
En réalité je pense qu’il a forcément vu que je venais pour occuper le tapis puisque je lui ai presque marché sur les chaussures mais il n’avait pas envie de bouger considérant sans doute que je n’avais pas besoin de cette place.
J’ai posé tranquillement mes plateaux de balles devant le tapis et je me suis retourné vers lui en souriant. Pas bougé !
Je me suis poliment excusé : « Sorry sir. Could I use this space to place my golf clubs and equipment ? »
Ce malotru s’est levé de mauvaise grâce toujours sans me regarder et s’est lentement dirigé vers un des bancs de la deuxième ligne, sur lequel il a dû attendre un bon moment, puisqu’il avait un numéro assez éloigné.
J’aurais pu à ce moment-là corriger ce goujat, mais comme je l’ai dit dans un post précédent ce practice est assez bruyant et le bruit retentissant de la claque qu’il méritait aurait pu déranger d’autres joueurs.
D’autre part, ceux qui me connaissent savent qu’en dépit de mon gabarit impressionnant pour quelqu’un de ma génération (oh ça va les jeunes taisez-vous, je sais que vous êtes plus grands et plus forts, mais je suis grand fort et vieux !) je suis un apôtre de la non-violence.
Bref, je ne l’ai pas corrigé, ce rustre. Mais je l’ai remarqué et enregistré dans ma mémoire à cause d’un certain détail.
Vous vous souvenez tous de cette comédie culte d’Yves Robert avec Pierre Richard : « Le grand blond avec une chaussure noire »
Et bien ce matin, pareil !

Enfin presque…
En réalité, ce matin ce n’était pas un grand blond mais un petit gris, c’est-à-dire qu’une fine couche de cheveux gris coiffés courts en brosse tentait avec une certaine difficulté de masquer une calvitie naissante.
Mais le remarquable de ce butor étaient bel et bien, non pas sa, mais ses chaussures. Des chaussures de golf jaunes fluos, et d’un fluo très très … fluo. J’avoue que je n’avais jamais vu ça.
Cet étrange personnage les avait inopinément assorties d’un short à carreaux bleu et d’un teeshirt blanc orné d’un motif d’un bleu très différent.

Comme quoi, cette étude très scientifique prouve qu’on peut être à la fois un malappris et avoir des goûts vestimentaires pour le moins douteux.
Cependant j’en conviens, les goûts et les couleurs…
Bref, ces chaussures m’ont brûlé la rétine toute la séance, d’autant qu’il a finalement occupé un tapis situé à 5 mètres du mien dans mon champ de vision.
J’ai eu du jaune dans l’œil toute la journée.
Au point que si par le plus grand des hasards, lorsque je serai au départ du trou numéro 1 après-demain pour la compétition hebdomadaire, il se trouve dans la partie précédente, je le repérerai immédiatement.
Et l’attrait visuel de ces chaussures est tel qu’il se pourrait que malgré l’avis de ma cadette m’indiquant de ne pas encore jouer parce qu’ils sont trop près, mon driver pris d’une soudaine autonomie exécute à l’insu de mon plein gré un des swings parfaits dont je suis quelquefois capable en direction de ces chaussures jaunes fluo.
Et il se pourrait que ce drive parfait survole ces chaussures à la hauteur exacte de 1m70 au-dessus du sol.
Je vous en prie mesdames ne poussez pas de cris d’effroi en visionnant la trajectoire de ma balle.
À 1m70 du sol, ma balle passera exactement 5 cms au-dessus de la tête de ce gougnafier, n’occasionnant aucune autre blessure qu’une grande frayeur et peut-être une interrogation légitime sur ce qu’il a pu faire de mal pour que quelqu’un lui en veuille autant.
Allez, bon golf à tous dans le respect, la bienveillance et la sérénité.