Brève de compète : le scramble à 4
Article mis en ligne le 31 mai 2026

par Pierre

Dans une de mes dernières brèves, je parlais de l’arbitrage et de la particularité du golf d’être auto arbitré.

Dans une partie en stableford ou en scramble à 2, cet auto arbitrage est tempéré et vérifié par les autres joueurs ou équipes qui sont dans la même partie. On échange les cartes et on vérifie la marque à la fin.

La semaine dernière, j’ai participé à une compétition en scramble à 4. En plus de 20 ans de golf, ce n’est que la troisième fois je crois que je joue en scramble à 4.

Cette formule représente la quintessence de l’auto arbitrage dans le golf. Il n’y a en effet aucune vérification du score, la carte est remplie par l’équipe qui est seule dans sa partie et rendue au comité d’organisation qui doit faire absolument confiance à l’équipe pour son honnêteté.

J’ai joué avec trois britanniques que je ne connaissais pas avant la partie, deux anglais et un écossais fort sympathiques tous les trois. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas été très performants puisque nous avons seulement rendu une carte en -1 à l’issue des 18 trous.

L’équipe gagnante a joué -11 un score assez remarquable.

Ce scramble imposait une règle particulière que je n’avais jamais connue auparavant. D’après mes partenaires c’est pourtant courant en Grande-Bretagne :

L’équipe est libre de choisir la balle qu’elle considère comme la meilleure à chaque coup évidemment comme toujours en scramble sauf que pour que la carte soit valide, il faut qu’à la fin de la partie sur 18 trous, on ait choisi au moins quatre fois la mise en jeu de chacun des participants.

Mes partenaires ont fait ça très sérieusement à tel point qu’à un moment donné après une mise en jeu ils se sont arrêtés pour discuter longuement du nombre de fois où on avait choisi chacun des joueurs, alors que la partie qui nous suivait était déjà au départ.

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Je comprends l’idée pour ne pas que celui qui engage le moins bien se sente frustré. D’un autre côté, le jour où l’un des joueurs met tous ses drives dans les arbres, c’est pas génial. Et il n’y peut pas forcément grand-chose s’il est dans un mauvais jour. Ce n’est pas arrivé ce jour là tant mieux.

Comme je l’ai indiqué cette partie m’a donné l’occasion de sympathiser avec ces trois britanniques, notamment l’un des trois, Jan avec qui j’ai beaucoup discuté pendant la partie mais aussi après de façon très conviviale. Un homme charmant, mais le type même de golfeur que je ne supporte pas.

Contradiction apparente ?

Comme je l’ai expliqué déjà dans d’autres brèves, un but que je poursuis (de loin hélas) depuis plus de 20 ans au golf c’est d’avoir de beaux gestes. J’ai conscience de ne pas être très souple ni très élégant lorsque je joue et depuis des années j’essaye d’améliorer cela, j’essaie aussi d’avoir de belles trajectoires, des balles hautes et droites.

Cette quête est plus importante pour moi que ma carte de score.

Mais tout de même si j’arrivais à réaliser de beaux scores avec de beaux gestes, ce serait le Graal.

Jan se fiche complètement de ce genre d’objectif. Pour lui seul le résultat compte.

C’est un homme qui est en surpoids assez important, qui ne semble pas très souple et le moins qu’on puisse dire pas très sportif.

Il a un geste qu’on peut qualifier de vraiment tordu.

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Il s’oriente complètement à gauche et envoie des balles en gros slice qu’il utilise à merveille pour revenir au milieu du fairway, avec une bonne longueur.

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Sa technique d’approche est esthétiquement du même acabit, le slice en moins.

Vous comprenez donc pourquoi je ne peux que « détester » ce type de joueur qui réussit parfaitement là où j’échoue à performer tout en exécutant des gestes qu’on ne montrerait dans aucune école de golf. C’est parfois frustrant.

Nonobstant, je rejouerai bientôt avec lui avec plaisir.

C’est là encore une belle leçon de ce sport. Il y a de la place pour tout le monde quels que soient le gabarit, l’âge, le style.

L’important est bien de prendre du plaisir à jouer et à partager.