Ah ! « le bon la brute et le truand » quel western extraordinaire ! vous le connaissez tous bien entendu.
Je l’ai vu de multiples fois et je pourrais le revoir tous les jours avec autant de plaisir.
Avez-vous déjà pensé que ce titre pourrait s’appliquer aux joueurs de golf ?
Aux hommes, bien sûr chez les femmes, il n’y a pas de brute. En principe…
Le Bon : c’est le joueur que tout le monde admire et déteste, celui pour lequel tout semble tellement facile. Il est doué c’est un fait, j’en ai un dans ma famille, je l’adore, mais il m’énerve tellement. Mon frère fait partie de cette catégorie.
Mettez-lui des outils dans les mains, il est capable de construire n’importe quoi.
Mettez-lui une raquette dans les mains, envoyez-lui des balles de tennis, il va toutes les centrer parfaitement et vous les retourner sans effort.
Donnez-lui un club de golf et un swing naturel apparaît instantanément avec des balles magnifiques qui partent tout droit.
Ça fait partie des gens désespérants et tellement chanceux.
La Brute : on en connaît tous aussi. Je suis bien placé pour en parler, j’en ai été une en démarrant le golf ; le joueur qui frappe comme un mulet dans toutes les balles, qui arrose dans tous les sens et qui n’arrive pas à comprendre qu’on frappant un peu moins fort, ça se passerait mieux.
Je me souviens d’un cours avec un nouveau professeur, il y a de nombreuses années. Il me demande de taper quelques balles avec un fer 7 et m’observe. Puis il me dit, le swing n’est pas mal mais tu tapes vraiment beaucoup trop fort. Essaye à 80 %.
Je claque encore cinq ou six balles. Il me demande : là c’était 80 % ?
Je confirme.
Il me dit bon, essaye à 40 % !
Parfois, les brutes se découragent au bout de quelques temps et abandonnent le golf, certaines s’assagissent avec les années.
Le Truand : j’en ai déjà parlé dans ma brève sur le scramble à 4. Le Truand, c’est ce joueur qui fait n’importe quoi, un backswing invraisemblable, un grip impossible, des positions clownesques, un swing abracadabrantesque, une trajectoire improbable et dont toutes les balles arrivent parfaitement au milieu du fairway. C’est en général le joueur à qui l’on a le plus envie de tordre le cou. Décourageant !
Et le dernier : le Laborieux.
Le Laborieux, c’est ce joueur qui n’a aucune disposition pour le golf, pas de swing naturel, pas d’élégance de gestes, qui a l’intention et l’impression de reproduire exactement ce que vient de montrer le professeur et qui obtient comme résultat une socket pitoyable. Le laborieux est aussi ce joueur qui passe des heures et des heures au practice à essayer un peu vainement de reproduire le geste élégant du Bon et à se filmer pour éliminer un par un les tics qui pourrait ressembler à celui du Truand.
Le Laborieux se décourage parfois. Il rentre souvent frustré de ses parcours. Comme il travaille sans arrêt pour améliorer son geste, il a parfois l’impression d’y arriver. La dernière fois qu’il s’est filmé, ce n’était pas si mal. Ça ressemblait presque… non pas presque il faut pas exagérer… ça s’approchait un peu du swing du Bon.
Alors le Laborieux est parti beaucoup plus confiant sur son parcours et là bien sûr c’est la catastrophe. Rien n’est fixé. Rien n’est en place. Tout ce qui semblait avoir été compris a disparu. Pourquoi ? la pression du parcours sans doute…
Bref, le Laborieux a beau faire, il est définitivement mauvais. Mais ça ne l’empêche pas de revenir demain et après-demain et encore et encore au practice pour tenter de s’améliorer, jusqu’à son dernier souffle, en espérant être au moins une fois dans sa vie celui qui dégainera le mieux et atteindra sa cible en plein cœur, 18 fois de suite.
Vous vous êtes peut-être reconnu dans l’un de ces golfeurs et sans doute avez-vous compris lequel me représente.
Bien entendu, il peut y avoir d’autres types de golfeurs, parfois fusionnés avec l’un de ceux-ci. Je n’en citerai qu’un : mon ami Norbert.
Mon ami Norbert est du type Ramasseur. Sa principale préoccupation sur le parcours est de chercher les balles perdues. Il y passe beaucoup plus de temps et d’énergie qu’à se concentrer sur son swing. Il en a des centaines dans son garage, mais lui s’achète des balles neuves pour jouer.
Allez comprendre.
Bon Golf à tous



