Le putter qui voulait être mieux considéré.
Article mis en ligne le 18 juillet 2026

par Pierre

Tous ceux qui ont eu des enfants savent que dans une famille il y a toujours des frustrations qui s’installent. Parfois certains enfants sont plus ou moins jaloux des frères et sœurs. Et généralement c’est l’attitude involontairement maladroite des parents qui en est responsable.

Je vous ai déjà parlé de mon driver qui n’aime pas les gommettes.

Ce driver est souvent indiscipliné ce qui m’impose de beaucoup m’en occuper. Je dois le rééduquer en permanence pour qu’il ne s’écarte pas trop de la rectitude. Sinon qui sait quels chemins de traverses il serait capable de prendre…

Alors que mon putter est le bon élève de la famille depuis mes débuts au golf.

C’est celui qui travaille toujours comme il faut, qui ne fait jamais l’école buissonnière, qui respecte les règles et suit des lignes parfaitement droites.

On attend de lui qu’il soit sage et obéissant, et il l’est.

Bientôt 20 ans qu’il a une attitude irréprochable en toutes circonstances.

Alors que son cadet le driver, beaucoup plus jeune, n’en fait qu’à sa tête, mon putter ne déçoit jamais.

Il ne fait pas de bruit, caresse les balles avec beaucoup de douceur, les accompagne gentiment jusqu’au trou, laissant l’indiscipline et la fantaisie à son insolent petit frère.

L’injustice est que comme dans toutes les familles tout le monde bave devant les exploits occasionnels du second, tout en trouvant banale et insignifiante l’attitude saine et rectiligne de l’aîné.

Et je suppose que de temps en temps s’installe dans sa tête un sentiment d’injustice et de manque d’attention.

Lorsque les enfants répriment trop longtemps ce genre de sentiments, un jour la soupape lâche et ils ne peuvent plus réprimer la rebellion qui monte.

C’est sans doute ce qui est arrivé à mon putter il y a presque 3 ans. Tout à coup du jour au lendemain il est devenu très agité dès que je le prenais en main, virevoltant en tous sens pour s’écarter des lignes les plus simples et les plus courtes, occasionnant sur chaque green des 3 voire 4 putts improbables.

JPEG - 115.7 kio

L’étonnement passé, j’ai cherché longuement des solutions. Après avoir passé beaucoup plus de temps à m’occuper de lui, à essayer de le rassurer, à tenter des gestes et des contacts différents, nous avons pu renouer le dialogue, sans cris ni fureur.

Sans doute ai-je été assez convaincant pour que notre relation redevienne progressivement ce qu’elle avait été ces longues années.

Il a fallu de longs mois.

Pour qu’il se sente plus aimé, je lui ai également donné de nouvelles responsabilités, l’emmenant avec moi dans le sable des bunkers, sur les pré-greens de plus en plus loin du trou, parfois en promenade en forêt comme je l’ai expliqué dans un autre écrit il y a quelque temps.

Aujourd’hui mon putter semble à nouveau heureux et m’accompagne fidèlement dans la détection de lignes et de distances proches de la perfection, et la moyenne de putts est en train doucement de revenir en dessous de 36.

JPEG - 121.3 kio

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »