Brève de Practice et de parcours : j’en ai une grosse…
Article mis en ligne le 7 octobre 2026

par Pierre

Et oui, comme tous les hommes, j’en ai une grosse, mais une grosse quoi ?

Une grosse ambition de montrer ma puissance et ma force virile.

Une grosse envie de montrer que je suis un mâle, un pur, un dur.

Dans notre société, la masculinité fait chaque jour des ravages (la frontière entre masculinité et masculinisme est souvent ténue (je vous laisse regarder ça sur Wikipédia).

Ça peut se compter tristement hélas par le nombre de femmes subissant des violences de la part de leur conjoint.

Même si c’est heureusement d’une façon beaucoup plus pacifique, cet excès de testostérone s’exprime aussi dans le golf.

J’exagère ?

Okay !

Chaque jour, je rencontre et observe au practice des hommes et des femmes.

Examinons tout d’abord le comportement des hommes au practice.

Ceux-ci sur le tapis, s’entraîne à FRAPPER de pauvres balles. Les mots sont importants.

La plupart des hommes que j’observe FRAPPENT la balle.

Alors que beaucoup de femmes font swinguer leur club. Je rappelle que l’anglais swing signifie balancer ou balancier.

Et que la balle se trouvant sur le chemin du club, lorsqu’on balance tranquillement son club elle est touchée au passage et s’en va vers la cible.

Ce sont des façons de faire très différentes.

Je constate également le temps consacré au driver.

En comparant le comportement des hommes et des femmes au practice, je peux vous l’assurer, il y a peu de femmes qui sur un seau de 40 balles tapent 5 coups de fer et 35 coups de driver.

Chez les hommes, c’est plus que fréquent.

Et ça se comprend. Le driver c’est l’outil ultime de la puissance et de la longueur et plus c’est long plus c’est bon n’est-ce pas ? Croit-on ?

Il est indéniable qu’envoyer sa balle très loin est valorisant.

Qui n’a pas éprouvé un jour une grande fierté (je m’inclus dans cette liste) d’avoir overdrivé ses copains ?

Cette fierté est plus importante et plus valorisée surtout chez les hommes que celle d’avoir placé la balle plus près du drapeau à l’approche.

Lors des tournois, il y a souvent un concours de drive et un concours d’approche.

Gagner le concours d’approche est satisfaisant, mais une bonne approche peut toujours être portée sur le compte de la chance, de la réussite (surtout par les jaloux qui ne l’ont pas réalisée) alors que gagner le concours de drive !!! Vous imaginez !

Driver plus loin que tous les autres mâles du tournoi ! Quel exploit ! Ça fait rêver et je pense que ça fait beaucoup plus rêver les hommes que les femmes.

Il me semble pourtant important de relativiser la place du driver dans un sac. Sur un parcours lorsque l’on joue 80, 90, 100 coups, combien de fois a-t-on réellement besoin du driver ?

Avant que cette chronique ne devienne trop longue, mais je reviendrai sur ce sujet, un petit exemple de l’importance ou pas du choix du driver dans une partie.

Hier je joue avec mon ami Roger. Nous sommes au départ du trou numéro 12 un court par 4 en gros dogleg gauche sur le parcours de Lake View à Hua Hin.

Le fairway est assez étroit.

Sur la gauche, il y a une pièce d’eau. À droite des arbres et au bout du fairway en face également des arbres à environ 190 mètres.

Si l’on choisit de driver tout droit il ne faut donc pas faire un drive trop long. À gauche, cette pièce d’eau fait environ 120 m au plus large mais elle est beaucoup plus étroite au bout du fairway.

Au delà de l’eau il y a de nouveau un fairway avec cette fois-ci beaucoup plus de largeur avant d’accéder au green assez sensiblement surélevé en haut de la colline.

Nous avons marché sur ce parcours (pas de golfette) sous un soleil de plomb sans un souffle d’air ce qui est rare ici. La fatigue se fait sentir.

Roger, qui n’a pas très bien drivé jusque-là, en tout cas pas très droit, prend son driver

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Ce jour-là, mon driver est resté dans le sac depuis le début.

La cadette me tend donc mon bois 3 que j’ai utilisé sur la plupart des par 4 et 5 au départ.

Ce à quoi je lui réponds : « non donne-moi le fer 7 ». Les deux cadettes ont une moue dubitative.

Le fer 7, c’est en ce moment le club le plus précis dans mon sac. Il est rarissime qu’avec ce club je dévisse la trajectoire.

Je laisse Roger driver le premier. La balle part bien haute, mais très à droite comme tout ce qu’il a fait aujourd’hui, dans les arbres.

Je joue mon fer 7 très tranquillement, droit devant moi. Je l’envoie environ à 135 m.

Avec la roule et un peu de réussite je ne suis pas très loin de la pièce d’eau sur la gauche.

Pour être certain de passer au-dessus, il faut que je produise environ 130-140 m.

Roger, lui ne peut pas passer la pièce d’eau en sortant du bois, c’est trop compliqué.

Il joue donc un coup qui permet de se replacer sur le fairway avant l’eau. Son lie sous les arbres n’est pas très bon. Il est un peu court de la pièce d’eau.

Ça ne va pas être simple.

C’est encore à lui de jouer, mais il lui faut quand même produire un coup d’une certaine distance pour passer cette fichue pièce d’eau. Il choisit un bois 5. Le coup part assez bien, mais avec un peu de slice et malheureusement il finit dans l’eau. Il doit donc se dropper toujours avant l’eau.

Je reprends mon fer 7 et je joue relâché un coup très haut qui passe au-dessus de la pièce d’eau et atterrit sur le fairway.

Roger se droppe juste avant la pièce d’eau, passe au-dessus et arrive sensiblement dans la même zone que moi. Il a joué cinq coups en comptant la pénalité.

Roger qui joue très peu ses fers prend un bois, un peu énervé par les épisodes précédents. Il le frappe un peu violemment envoie sa balle au-delà du drapeau vers le fond du green à gauche.

Je joue un coup de pitching wedge très tranquille. Le contact n’est pas parfait. La balle retombe sur l’avant green un peu en dessous. Je putte long de l’extérieur du green et j’ai la chance de rentrer le putt suivant.

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Pour finalement faire bogey, ce qui est un très bon score pour moi sur un par 4 pas très long mais assez technique.

C’est mon niveau.

Je n’ai pas sorti le driver, je n’ai pas joué au gros bras.

Je ne gagnerai pas le concours de drive ce jour-là, entre Roger et moi en tout cas.

Mais un bogey sur ma carte de score, je prends tous les jours.

Cette série de décisions que j’ai prise aujourd’hui sur ce par 4 c’est un exemple de la façon dont j’essaye de jouer aujourd’hui, avec ma tête beaucoup plus qu’avec mes bras. Cela fait plus de 20 ans que je joue au golf, mais cela ne fait qu’un peu plus d’un an que je joue de cette façon. Je ne réalise pas pour autant des cartes extraordinaires, mais ça génère nettement moins de frustration.